Groupe formé en 1958 à Canton, Ohio
Eddie LeVert (Canton, Ohio, 16 juin 1942)
Walter Williams (Canton, Ohio, 25 aout 1942)
William Powell (Canton, Ohio, 20 janvier 1942 - 26 mai 1977)
Powell remplacé par Sammy Strain (9 décembre 1940) en 1976,
Strain remplacé par Nathaniel Best en 1993,
Powell remplacé par Sammy Strain (9 décembre 1940) en 1976,
Strain remplacé par Nathaniel Best en 1993,
Bill Isles, Bobby Massey (Groupe Vocale) - Départ de Isles en 1965 et de Massey en 1971
Quand ses fils Gerald et Sean ont voulu se lancer dans la musique au début des années 1980, Eddie Levert leur a recommandé d'écrire leurs propres chansons et d'assumer la production de leurs albums en studio, un conseil qui donne une idée de changements intervenus dans le métier du disque en l'espace d'un quart de siècle. Au début de leur parcours, les O'Jays d'Eddie Levert ont souffert d'être ballotés de maisons de disques en directeur artistique sans avoir la possibilité de donner leur avis, ce qui les a contraints à patienter une décennie avant de voir le succès s'installer durablement ; et même avec la réussite, l'autoritarisme en studio de leurs producteurs Gamble & Huff les a obligés à centrer leur répertoire autour de la chanson protestataire, un domaine qu'ils auraient parfois souhaités délaisser pour enregistrer des ballades et des textes plus légers. A terme, le conseil de Levert et ses fils a eu le mérite d'ouvrir les portes de la fortune au trio LeVert de Gerald et Sean qui se sont empressés d'inviter les O'Jays à se prendre en charge eux-mêmes en studio pour obtenir de leur propre initiative des best-sellers qu'ils n'espéraient plus.
En quatre décennies de présence continue sur les charts, le palmarès des O'Jays reste unique en son genre, avec un total de cinquante neufs hits dont près de la moitié ont accédés au Top 10 afro-américain, dix d'entre eux s'installant à la première place. Mais alors que le grand public s'est intéressé à eux au cours de la première moitié de leur carrière, à en croire le Hot 100 (Love Train en 1973 a même été Numéro Un Pop), leur audience s'est replié sur la communauté noire à partir de des années 1980, signe d'une certaine radicalisation du regard extérieur porté sur la soul. Quand on leur fait la remarque, les O'Jays se contentent de hausser les épaules en affirmant que le succès artistique ne jauge pas uniquement à la lecture des hit-parades. En enchainant les concerts par centaines chaque année, même aux périodes les plus difficiles de leur histoire, ils en ont donné une preuve évidente.
Dans les années cinquante, avec ses deux cent mille habitants, Canton fait partie de ces ville sidérurgiques qui font de l'Ohio l'un des principaux fournisseurs de l'industrie automobile de Detroit, un statut industriel qui explique la présence de nombreuses familles afro-américaines, comme celle des Levert. Eddie Levert à sept ans lorsqu'il rencontre à l'école primaire Walter Williams ; devenus inséparables, ils concrétisent quelques années plus tard leur fraternité en devenant les verts LeVert Brothers, un duo qui interprète des spirituals le dimanche sur une station de radio locale. En 1958, le doo-woop prend le pas sur le gospel avec l'arrivé de William Powell, Bobby Massey et Bill Ilses, et le quintette se fait connaître sous le nom de Triumphs.
Sous l'impulsion d'un promoteur de Canton qui compte sur leur gloire pour placer ses chansons, les Triumphs obtiennent une première audition chez Decca à New York, puis chez King à Cincinnati où Syd Nathan leur fait enregistrer en studio quelques chansons qu'il affirme vouloir publier sous le nom des Mascots, sans tenir sa promesse dans un premier temps. Déçus, les cinq chanteurs s'installent à Cleveland où le disc-jockey Eddie O'Jay les prend sous son aile en les présentant à Don Davis à Detroit qui produit en 1960 un premier 45-t publié sur Apollo, Miracles. De ce parrainage va naître leur identité définitive, celle des O'Jays.
Alors que Syd Nathan se décide enfin à sortir sur King certaines des faces qu'il avait en réserve, O'Jay envoie ses protégés à Los Angeles chez H.B Barnum, un ancien membre du groupe de doo-woop les Dootones, devenu patron des disques Little Star. Tout en leur trouvant des engagements comme choristes sur des séances de Nat « King » Cole ou de Lou Rawls, Barnum négocie pour leur compte un contrat avec Imperial pour qui les O'Jays enregistrent un leurs quatre premiers hits : Lonely Drifter en 1963, une relecture de Lipstick Traces (on a cigarette) du Néo-orléannais Benny Spellman et Let It All Out en 1965, et surtout Stand In for Love qui frôle le Top 100 à l'automne 1966.
Juste au moment où survient le succès, le rachat d'Impérial par Liberty pousse les O'Jays chez Minit mais leur carrière piétine et ils retournent à Cleveland où Bill Isles leur annonce son intention de les quitter. Pendant quelques mois, les quatre chanteurs restants songent à abandonner mais un passage à l'Apollo de Harlem les met en présence du producteur Richard King qui obtient eux un engagement chez Bell, la compagnie de Larry Uttall. Sous la direction de George Kerr, un ancien membre des Imperials, les O'Jays obtiennent à la fin de 1967 leur premier best-seller avec une ballade intitulée I'll Be Sweeter Tomorrow (Than I Was Today) suivi de Look Over Your Shoulder, mais le hasard veut que Bell soit racheté à son tour et les O'Jays font une deuxième fois les frais de la situation.
Leur arrivé chez Neptune en 1969 s'effectue par l'entremise des Intruders qui recommandent les O'Jays à Kenny Gamble et Leon Huff. En l'espace d'un peu plus d'un an, les parrains du son de Philadelphie, assistés de Thom Bell et de Bobby Martin, commencent par façonner une image plus contemporaine pour les O'Jays, avec des titres comme One Night Affair et Looky looky (look at Me Girl) qui s'installent sans peine dans le Top 20. Une troisième fois, la chance tourne avant le quartette ait eu le temps de s'affirmer quand Neptune, dont la distribution est assurée par Chess Records à Chicago, doit fermer ses portes quelques mois après la mort de Leonard Chess. H.B. Barnum propose ses services mais les singles publiés à l'époque sur Saru et Little Star ne conduisent les O'Jays nulle part.
La roue tourne enfin en 1971 lorsque trois propositions surviennent simultanément ; outre Motown et le label Invictus du trio Holland-Dozier-Holland qui manifestent leur intérêt, la nouvelle compagnie formée par Gamble et Huff avec le financement de CBS, Philadelphia International, fait une offre à Eddie Levert qui insiste pour y associer ses condisciples. Seul Bobby Massey, persuadé que Gamble et Huff ne concédera aucune autonomie créative aux O'Jays, jette l'éponge à ce moment crucial de l'histoire du groupe ; devenu producteur, il assurera avant la fin de l'année la réussite des Ponderosa Twins + One.
Le temps va donner raison à Massey puisque Gamble & Huff guident étroitement la production discographique des trois O'Jays pendant quinze ans, tout en garantissant dans le même temps leur réussite. L'emprise de ces producteurs est d'autant plus forte pour le trio qu'il devient dès 1972 le navire amiral de la flotte Philadelphia International à qui il donne son tout premier Numéro Un, Back Stabbers. Jusqu'à la fin de la décennie, rien ne semble arrêter la machine des O'Jays qui publient sous leur nom neuf albums, tous disques d'or ou de platine. Avec deux Numéro Un Soul dont le second, Love Train, s'installe également tout en haut du Hot 100, Back Stabbers inaugure une série qui se poursuit avec Ship Ahoy, consacré par le platine en 1973, suivi l'année suivante de The O'Jays Live in London, puis Survival et Family Reunion (nouveau disque de platine) en 1975, Message in the Music en 1976, Travelin' at the Speed of Throught en 1977, pour se terminer avec deux nouveaux recueils de platine en 1978 et 1979, So Full of Love et Identify Yourself.
En cette période de l'histoire des Etats-Unis, marquée par la fin de la guerre du Viêtnam et la démission du président Nixon, l'une des constantes du répertoire des O'Jays est l'usage récurrent de textes combatifs qui dénoncent l'esclavage (Ship Ahoy), l'hypocrisie (Back Stabbers et Don't Call Me Brother en 1972 et 1973) et le pouvoir de l'argent (For the love of Money en 1974 et Rich Get Richer la saison suivante), prônent la prise de conscience sociale et politique (Give the People What They Want et Message in Our Music, tous deux Numéro Un en 1975 et 1976), et défendent des valeurs écologiques (This Air I Breathe en 1973). Sans doute parce qu'ils font savoir à Gamble et Huff leur besoin de sortir de cette image engagée, apparaissent peu à peu dans le palmarès des O'Jays des best-sellers moins chargés comme I Love Music (Part 1), Livin' for the Weekend et Darlin' Darlin' Baby (Sweet, Tender, Love), tous respectivement Numéro Un en 1975, 1976 et 1977 ; c'est d'ailleurs avec une composition sans prétention, Use Ta Be My Girl, que le trio va obtenir son hit le plus solide, cinq semaines à la première place des charts Soul en 1978.
Même au faîte de leur gloire dans les années 1970, les O'Jays ne sont pas exonérés des pièges de l'existence. Le cancer dont souffre Williams Powell est pour eux un souci constant; depuis le mois de janvier 1976, Powell continue à participer aux enregistrements du groupe mais se fait remplacer sur scène par Sammy Strain, longtemps associé à Little Anthony & the Imperials, membre à part entière du trio à la mort de Powell le 26 mai 1977. Mais c'est surtout avec la décennie suivante que surviennent durablement du Top 10 au lendemain du succès de Girl, Dont let It Get You Down, en troisième position des ements noirs pendant l'été 1980. Dès la publication de The Year 200 en 1980 et de My Favorite Person deux ans plus tard, leur ventes diminue sensiblement pour atteindre le fond en 1984 avec Love and More. Sur le front des singles, aucun des dix titres qu'ils conduisent dans les charts ne dépasse la treizième place, un palmarès dont beaucoup d'artistes se seraient contentés mais qui se situe nettement en retrait des habitudes des O'Jays.
Plusieurs éléments permettent d'expliquer cette traversée du désert. S'ils ont réussi à échapper à la concurrence du disco, Gamble & Huff ayant eu l'intelligence d'adapter leur répertoire à l'atmosphère ambiante avec des compositions bien dans l'air du temps comme I Love Music, l'évolution brusque des modes au début de l'air Reagan ne joue pas en leur faveur ; mais avant tout, Eddie Levert attribue la désaffection de la communauté noire à la tournée qu'ils effectuent en Afrique du Sud au début de la décennie. Accusés d'avoir trahie la cause des adversaires de l'apartheid, montrés du doigt par les Nations Unies qui les inscrivent sur la liste des artistes réfractaires au boycott culturel officiellement mis en place contre Pretoria, les O'Jays voient s'évanouir une partie de la crédibilité dont ils disposaient dans les ghettos d'Amérique et leur palmarès en souffre durablement, même si les tournées continuent à s'enchaîner.
Le rebondissement qu'ils n'espéraient plus se produit en 1987, au moment où Eddie Levert s'apprêtait à renoncer à la scène. La chanson Lovin' You, il s'agit d'une ballade signée Gamble et Huff vieille de dix ans qui surprend tout le monde chez Philadelphia International lorsqu'elle s'installe à la première place des ements Black le 7 novembre 1987. « Ce jour-là, je me suis dit que nous n'étions pas encore finis » avoue Levert. Dans le sillage de Lovin' You, la chanson qui a donné son titre à l'album Let Me Touch You prend à son tour le chemin du Top 10 et les O'Jays reprennent leurs droits sur l'univers du R&B. De toute évidence, la période est propice au changement pour les O'Jays qui se séparent de Gamble & Huff ; les relations ont souvent été conflictuelles entre les deux producteurs, mais jamais à ce point et le trio reprend sa liberté en signant chez EMI qui assurait depuis quelques années déjà la distribution de Philadelphia International.
En l'espace de quatre ans, outre un recueil de Noël comme le monde anglo-saxon les aime (Home for Christmas en 1991), le trio publie deux albums qui entrent dans la liste des meilleures ventes : Serious en 1989 et Emotionally Yours, disque d'or deux ans plus tard. Pour la première fois de leur carrière, les O'Jays sont en mesure de produire eux-mêmes leurs enregistrements et ils en profitent pour adapter leur image à l'évolution de la soul. En faisant appel au fils d'Eddie Levert, Gerald et à son complice du groupe LeVert, Marc Gordon, particulièrement en phase avec le marché R&B contemporain, les O'Jays rajeunissent sensiblement leur production et obtiennent une nouvelle série de best-sellers. Have You Had Your Love Today, Numéro Un Black en 1989, propose de un interlude du rapper Jazz tandis que Emotionally Yours transforme une composition de Bob Dylan en hymne gospel deux ans plus tard, avec la complicité de Will Downing, de LeVert, d'Evelyn « Champagne » King et de Phyllis Hyman dans les chœurs. On pourrait également citer Serious Hold on Me en 1989, Don't Let Me Down et Keep On Lovin' Me en 1991, qui contribuent à redorer le blason du trio.
Pour les O'Jays, ce retour sur le devant de la scène est comme un dernier défi, un pari réussi qui leur permet de poursuivre leur carrière aujourd'hui en toute sérénité. Depuis 1993, Nathaniel Best est venu succéder à Sammy Strain, parti reprendre sa place au sein des Imperials. Si les recueils suivants Heartbreaker en 1993 et Love You to Tears, publié par Global Soul en 1997, n'ont pas connu un succès comparable à celui des albums précédents, la retraite est loin des préoccupations du trio qui continue a multiplier les apparitions sur scène à longueur d'année et dont on peut s'attendre à ce qu'il rebondissent une nouvelle fois dans l'avenir, comme l'a fait Eddie Levert en 1995 en co-signant avec son père le best-seller Father and Son.Biographie tirée de l'ouvrage Encyclopédie du Rhythm & Blues et de la Soul de Sebastian Danchin, éditions Fayard (2002).
The O'Jays
Discographie
1968 / Back On Top
01. I'll Be Sweeter Tomorrow
02. I'm So Glad I Found You
03. Going Going Gone
04. That's All Right
05. I Dig Your Act
06. Look Over Your Shoulder
07. You're Too Sweet
08. Just Another Guy
09. Four For The Price Of One
10. Love Is Everywhere
11. Now That I've Found You
12. I'll Be Seeing You
13. The Choice
14. I Miss You
1969 / The O'Jays In Philadelphia
01. One Night Affair
02. You're The Best Thing Since Candy
03. Branded Bad
04. I Should Be Your Lover
05. Looky Looky (Look At Me Girl)
06. Deeper In Love With You
07. Let Me In Your World
08. Just Can't Get Enough
09. I've Got The Groove
10. Medley (Little Green Apples-Something)
11. It's Too Strong
1971 / Super Bad
01. Now He's Home
02. Little Brother
03. Crossroads Of Life
04. La De La
05. Peace
06. Shattered Man
07. Your Turn This Time
08. Just To Be With You
09. Gotta Get My Broom Out
10. Never Can Say Good Bye
1972 / Back Stabbers
01. When the World's at Peace
02. Back Stabbers
03. Who Am I
04. (They Call Me) Mr. Lucky
05. Time to Get Down
06. 992 Arguments
07. Listen to the Clock on the Wall
08. Shiftless, Shady, Jealous Kind of People
09. Sunshine
10. Love Train
1972 / Greatest Hits
01. Lonely Drifter
02. Oh, How You Hurt Me
03. Whip It On Me Baby
04. How Does It Feel
05. Lipstick Traces (On A Cigarette)
06. Stand Tall
07. I Cried My Last Tear
08. Working On Your Case
09. Crack Up Laughing
10. Stand In For Love
1973 / Ship Ahoy
01. Put Your Hands Together
02. Ship Ahoy
03. This Air I Breath
04. You Got Your Hooks In Me
05. For The Love Of Money
06. Now That We Found Love
07. Don't Call Me Brother
08. People Keep Tellin' Me
1974 / Live In London
01. Instrumental Introduction Put You
02. When The World Is at Piece
03. Wildflower
04. Backstabbers
05. Sunshine
06. Love Train
1975 / Survival
01. Give the People What They Want
02. Let Me Make Love to You
03. Survival
04. Where Did We Go Wrong
05. Rich Get Richer
06. How Time Flies
07. What Am I Waiting For
08. Never Break Us Up
1975 / Family Reunion
01. Unity
02. Family Reunion
03. You and Me
04. She's Only a Woman
05. Livin' for the Weekend
06. Stairway to Heaven
07. I Love Music
1976 : Message in the Music
01. Message in Our Music
02. A Prayer
03. Paradise
04. Make a Joyful Noise
05. Desire Me
06. Darlin' Darlin' Baby (Sweet Tender Love)
07. I Swear, I Love No One But You
08. Let Life Flow
1977 : Travelin' at the Speed of Thought
01. Travelin' at the Speed of Thought
02. We're All in This Thing Together
03. So Glad I Got You, Girl
04. Stand Up
05. Those Lies
06. Feelings
07. Work On Me
08. Let's Spend Some Time Together
1977 / Collectors' Items
01. Family Reunion
02. Survival
03. Give The People What They Want
04. Let Me Make Love To You
05. I Love Music
06. Stairway To Heaven
07. Backstabbers
08. For the Love of Money
09. Sunshine
10. You Got Your Hooks In Meme
11. Love Train
12. Livin' For The Weekend
13. Wildflower (Live)
14. Darlin' Darlin' Baby
15. Brand (I Really Miss You)
1978 : So Full of Love
01. Sing My Heart Out
02. Use Ta Be My Girl
03. Cry Together
04. This Time Baby
05. Brandy (I Really Miss You)
06. Take Me to the Stars
07. Help (Somebody Please)
08. Strokety Stroke
1979 : Identify Yourself
01. Sing a Happy Song
02. Get on Out and Party
03. Identify
04. So Nice I Tried It Twice
05. Hurry up and Come Back
06. Forever Mine
07. I Want You Here With Me
08. One in a Million
1980 / The Year 2000
01. The Year 2000
02. To Prove I Love You
03. You'll Never Know (All There Is to Know 'Bout My Love)
04. You're the Girl of My Dreams (Sho Nuff Real)
05. You Won't Fail
06. Girl, Don't Let It Get You Down
07. The Answer's in You
08. Once Is Not Enough
1982 / My Favorite Person
01. I Just Want to Satisfy You
02. Your Body's Here With Me (But Your Mind's on the Other Side of Town)
03. My Favorite Person
04. One on One
05. I Like to See Us Get Down
06. Your True Heart (And Shining Star)
07. Out in the Real World
08. Don't Walk Away Mad
1983 / When Will I See You Again
01. I Can't Stand The Pain
02. Betcha Don't Know (What Comes After That)
03. When Will I See You Again
04. House Of Fire
05. A Letter To My Friends
06. Put Our Heads Together
07. Ain'T Nothin' Wrong With Good Lovin'
08. Nice And Easy
1984 / Love And More
01. I've Got To Fall In Love
02. Extraordinary Girl
03. I'm The Kind Of Man
04. Everybody's Dance Krazy
05. Summer Fling
06. I Really Need You Now
07. Love You Direct
08. Let Me Show You
09. Give My Love To The Ladies
1985 / Love Fever
01. Can't Slow Down
02. Dollar Bill
03. All Eyes On America
04. Just Another Lonely Night
05. I Wanna Be With You Tonite
06. Love Fever
07. I Love America
08. What A Woman
09. We're Still Together
10. What Good Are These Arms Of Mine
1987 / Let Me Touch You
01. Don't Take Your Love Away
02. Lovin' You
03. True Love Never Dies
04. Still Missing
05. I Just Want Somebody To Love Me
06. Let Me Touch You
07. Undercover Lover
08. No Lies To Cloud My Eyes
09. Don't Let The Dream Get Away
10. Cause I Want You Back Again
1989 / Serious
01. Out Of My Mind
02. Leave It Alone
03. Have You Had Your Love Today
04. Serious Hold On Me
05. Friend Of A Friend
06. Never Been Better
07. Rainbow
08. Fading
09. Pot Can't Cal The Kettle Black
1991 / Emotionally Yours
01. Don't Let Me Down
02. Something For Nothing
03. Emotionally Yours (R&B Version)
04. Respect
05. Keep On Loving Me
06. Love & Trust
07. Don't You Know True Love
08. Emotionally Yours (Gospel Version)
09. That's How Love Is
10. Closer To You
11. If I Find Love Again
12. Keep On Pleasin' Me
13. Lies
14. Make It Feel Good
1993 / Heartbreaker
01. Cryin' The Blues
02. One Wonderful Girl
03. Somebody Else Will
04. Show Me The Right Way
05. Trouble
06. Can't Let You Go
07. Decisions
08. No Can Do
09. Heartbreaker
10. He Loves You
2001 / For the Love
01. Long Distance Lover
02. Let's Ride
03. Don't Break My Heart
04. Put Out The Fire
05. Come Over To My House
06. I'm Ready Now
07. Searching For The Love I Lost
08. I Don't Know
09. Latin Lover
10. Baby Making Love
11. Sounds Like Me
12. [Untitled]
2004 / Imagination
01. Made It Back
02. Repair Man
03. Make Up
04. Imagination
05. Chauvinistic
05. Separate Ways
07. Why You Wanna Settle For Less
08. Busy Tonight
09. One Good Woman
10. I Would Rather Cry
11. The Christmas Song
2004 : Together We Are One
01. All Eyes On Africa
02. Together We Are One
03. Your Place Or Mine
04. I Know What You're Doing (But I'm Too Scared To Do Something About It)
05. Ruler Of The Universe
06. Pretty Is As Pretty Does (Just Too Pretty For Words)
07. Promises
08. When Sunny Gets Blue
09. Just Don't Seem To Be My Day
10. Packin' My Bags (Movin' On)
11. Hurry Home
12. This Could Be The Last Time
Vidéo
The O'Jays is one of the world’s truly legendary singing groups and an American treasure. The term legendary is often overused, but that is an apt description for The O’Jays, a musical act that holds a unique place in the history of music. After establishing a recording history that includes an international body of work that generated 24 top ten smash records and 59 total songs on the charts, incredibly energetic and dynamic live shows. mad respect for their Olympian vocals and a social and political impact that spans many generations and multiple nations, The O'Jays could have coasted to a life of sandy beaches, umbrella-decorated drinks and total relaxation. Slowing down is not in the cards for Eddie Levert, Sr., Walter Williams, Sr. and Eric Nolan Grant however. After 50+ years making such international hits as "Back Stabbers," "For The Love Of Money," "Darlin' Darlin' Baby," "Love Train," "I Love Music," "Use Ta Be My Girl" and "Have You Had Your Love Today," The O'Jays are light years away from easing up on the gas. Like fine wine, The O'Jays just get better with age. Drawing on their past experiences and remembering the lessons taught by legends such as the late great choreographer Cholly Adkins, who taught the members of the group the importance of showmanship and how to execute their steps while still delivering their songs, the members of the O’Jays are more active than ever.
There have been "four faces" of The O'Jays. The vocal group was formed in Canton, Ohio by Eddie Levert, Sr., Walter Williams, Sr., William Powell, Bobby Massey and Bill Isles. The group was named after Cleveland DJ Eddie O'Jay. Bill Isles left the group in 1965 and Bobby Massey left in 1971 to become a record producer, leaving Eddie Levert, Walter Williams and William Powell to continue as a trio. When William Powell was forced to retire in 1975 due to illness (unfortunately passing in 1977 at the age of 35) Sammy Strain, formerly with Little Anthony and the Imperials, joined the group. Levert, Williams and Strain moved forward as The O’Jays until 1993 when Strain returned to his former group and was replaced by Nathaniel Best. Best left the group in 1995 and Eddie Levert and Walter Williams approached Eric Nolan Grant, a gifted vocalist who was already a part of the group's extended Cleveland-based musical family.
With Eric Nolan Grant on board, the group released the chart-topping album "Love You To Tears." According to Eddie Levert, "Eric was the ideal person for the O'Jays, because he was used to working within a group. He was really a shoe-in, and he fit perfectly. With his addition, we have been able to keep our performances at a level that we're used to having-stage-wise and in the studio." From Eric’s perspective, "Honestly speaking, being from Cleveland, the O'Jays were our heroes." "We all looked up to the O'Jays and patterned ourselves after them. So, Gerald called me to say they were holding auditions and I got the gig. Sometimes, I'll get caught up to where I'm on stage, and I'm watching Eddie and Walt like I'm in the audience! Every now and then, Eddie and Walt has to come over to me and say, `Hey, sing!' After all these years of being in the group, I am still a fan." Eddie Levert, Sr., Walter Williams Sr., and Eric Nolan Grant have been together since 1995 and continue to dazzle fans today.
The stage is where The O’Jays let it all out and they continue to perform throughout the United States and internationally. The group blows away the competition with its soulful sound and always plays to “standing room" only audiences. The O’Jays remain on the road several months during each year, and still enjoy the accolades and rave reviews of fans and media worldwide. Each new generations falls in love with The O'Jays, which is why their "For The Love" album, (released in 2001), was a chart-topper, and in 2002, that album was nominated for a Grammy Award. The O'Jays continue to receive numerous awards from various shows and organizations, while still making guest appearances. Says Walter Williams, Sr., "We have three generations at our concerts: the kids, the moms and dads, and the grandmas and granddads."
Eddie Levert, Sr., Walter Williams, Sr., Eric Nolan Grant...The O'Jays...have proven time and time again that the mixture of "ol' school" and contemporary music is a winning formula...a formula which always reflects the O'Jays uncompromising stance on love and relationships.
After many years of continued success, The O'Jays have become a complete media sensation. In addition to their musical endeavors, The O‘Jays have branched out into acting and writing. In September 2003, they appeared in their debut film "The Fighting Temptations" starring Cuba Gooding, Jr., and Beyonce Knowles as well as artists that included Angie Stone, L'il Zane, Melba Moore, and Montell Jordan.
In 2004 the group recorded their latest album Imagination under the Music World label. That same year, The O'Jays were inducted into the Vocal Group Hall of Fame in Sharon, Pennsylvania. A year later, on March 14, 2005, The O'Jays were inducted into The Rock and Roll Hall of Fame in Cleveland, Ohio.
Due to their history and reputation, The O’;Jays continue to receive attention from all over. Their hit song "For the Love Of Money" became the theme song for the hit reality TV show "The Apprentice", starring Donald Trump, and the group performed the song live at the taping of the show’s first season finale. In 2006, the O'Jays performed at the ESPY awards, hosted by Lance Armstrong. In 2009, The O'Jays were awarded BET's ‘Lifetime Achievement Award'.
Due to Eddie and Walter's lifelong relationship, a bond exists that keeps them and the group in good stead and only strengthens their business relationship. The two met when Walter was 6 and Eddie was 7. They admit they had to grow on each other because as they say "they were like two wild bulls when they first became friends". Now, "After many years we appreciate our friendship, our dedication to each other and the group and our love for good music." Walter continues: "We probably could have had great solo careers, but I don't think either one of us could have ever have been as big as The O'Jays". Both Eddie and Walter enthusiastically say, "The O'Jays are our main love, and we never intend to leave that".
The O'Jays are still going strong, currently performing at concerts around the world. Throughout their career The O'Jays have achieved 10 Gold Albums with 9 going Platinum and have recorded 10 #1 hits. It's been a long journey but thanks to the fans, the LOVE TRAIN is still going strong!

























