Mel Hardin et Tim McPherson, deux cousins germains de Holly Springs, dans le Mississippi, ont commencé par fondé tous leurs espoirs dans le gospel avec les Welcome Travelers avant d'être attirés par les sirènes du R&B.
Pris sous contrat en 1969 par Gene Chandler, soulman émérite de Chicago et qui vient de créer la marque Bamboo, Mel & Tim réussissent un coup de maître dès leur premier single Backfield in Motion, vendu à plus d'un million d'exemplaires et classé dans le Top 10 R&B et Pop 1969. Conforté au début de 1970 par la réussite honorable de Good Guys Win in the Movies, ce best-sellers ne suffit pas à régler les difficultés financières de Bamboo et le duo attend d'être dégagé de ses obligations contractuelles pour tenter sa chance dans les studios Muscle Shoals Sound où Barry Beckett - un ancien pianiste de Sam McClain avec qui il a découvert Muscle Shoals - et le batteur Roger Hawkins leur confient une composition du chanteur "Prince" Phillip Mitchell que Sam & Dave avaient failli enregistrer quatre ans plus tôt.
Pris sous licence par Stax où l'on n'a toujours pas fait le deuil des créateurs de Soul Man, Starting All Over Again (On recommence tout) se révèle de bon augure pour Mel & Tim qui voient leur carrière repartir sur un nouveau pied, leur nom s'installent dans le Top 20 Pop et à la quatrième place des classements Soul pendant l'été 1972, en avant-première de l'album Starting All Over Again.
Leur single suivant, I May Not Be What You Want, ne manque pas d'énergie, mais il rappelle trop Backfield Motion pour maintenir le duo dans les hauteurs des charts. Jusqu'à ce que la compagnie de Memphis ferme ses portes à la fin de 1975, Mel & Tim resteront fidèles aussi à leur maison de disques qu'à leur producteurs de Muscle Shoals, sans pour autant trouver le moyen de réapprivoiser le succès.
En moins de dix ans d’activité, Daptone, label indépendant new-yorkais, s’est imposé comme le chef de file d’un certain retour de la soul et du funk : on peut même considérer qu’il a été le label majeur de la décennie 2000 pour les musiques populaires afro-américaines, et il est encore en plein développement.
Au-delà du succès commercial réel du label, autour d’artistes comme Sharon Jones & The Dap-Kings, Lee Fields, The Budos Band et quelques autres, et sa réputation critique, le son organique qui est sa marque de fabrique a connu un prolongement inattendu auprès du grand public, producteurs et artistes, de Lily Allen à Al green en passant par le rappeur Nas, tentant de capturer à leur avantage une partie de la potion magique vulgarisée – dans tous les sens du terme – par Amy Winehouse et son producteur Mark Ronson.
L’histoire de Daptone commence en février 1965, à Charlotte, en Caroline du Nord, dans les studios de la légende country Arthur Smith, le jour où James Brown y enregistre avec son orchestre Papa’s got a brand new bag, acte inaugural de l’invention du funk, dont le retentissement se fait sentir sur l’ensemble de la scène soul et au-delà, donnant même naissance, quelques générations plus tard, à ce qu’on a appelé le « deep funk », mode revivaliste de retour aux sources du funk en réaction, à la fin des années 80, aux sonorités de plus en plus synthétiques qu’adoptaient des groupes comme Cameo.
A la source...
Saxophoniste et cofondateur de Daptone, Neal Sugarman souligne l’impact de la musique de Brown : « Il n’y a vraiment rien de comparable aux arrangements uniques et au groove musclé que créaient James Brown et son orchestre. »
Gabriel Roth, Homer Steinwess et Binky Griptite confirment toute l’influence fondamentale, dans leur histoire personnelle, des enregistrements de Brown. Pour Binky Griptite, « la musique de James Brown est comme l’air : elle a toujours été là ! J’avais 6 ans en 1972, donc ça n’est pas oldies pour moi, mais pop ! Pendant mon enfance dans le ghetto, il n’y avait que de la soul à la radio, et tout le monde sait que James Brown est le Parrain. »
L’histoire de Daptone commence aussi au début des années 90, quand un jeune étudiant de l’université de New York nommé Gabriel Roth consacre le plus clair de son temps libre à écouter et réécouter l’œuvre de James Brown, découverte quelques années plus tôt : « J’ai toujours aimé sa musique, mais je crois que je suis devenu fanatique vers l’âge de mes 16 ans. J’ai été voir ma sœur à New York et un de ses amis m’a fait une cassette de productions de Brown, ainsi que quelques cassettes des premiers disques des Meters. J’ai passé l’année suivante avec ces cassettes en boucle dans mon walkman. »
L’histoire de Daptone commence également à Paris, à la fin des années 80, quand Philippe Lehman, un collectionneur de raretés funk et graffeur réputé sous le nom de Bando, fonde avec un ami le label Pure Music pour compiler quelques-uns de ses singles. Installé en 1995 à New York, il y rencontre Gabriel Roth, et c’est ensemble qu’ils fondent le label Desco, inauguré en 1996 par un sublime single de Lee Fields. Si l’histoire tourne court après quelques années – et la publication de 16 singles et 6 albums – elle permet à Gabriel Roth de rencontrer des artistes qui joueront un rôle dans l’histoire de Daptone, tels que Sharon Jones – découverte en tant que choriste à l’occasion d’une session de Lee Fields – et le saxophoniste Neal Sugarman.
Philippe Lehman, lui, poursuit sa carrière dans le monde musical en fondant le label Soul Fire.
L’histoire de Daptone commence enfin en 2002 : après un bref et peu satisfaisant détour du côté d’une major, chez Sony, c’est avec le saxophoniste Neal Sugarman, auteur de deux albums sur Desco avec ses Sugarman Three, Gabriel Roth décide de se lancer à nouveau dans l’aventure d’un label indépendant, snas que cela corresponde à un fantasme personnel : « ça n’est pas une carrière que j’ai choisie. J’ai toujours voulu être profs de maths. J’ai commencé à produire des disques pour m’amuser et une chose en a entraîner une autre. En fait, je continue à faire des disques pour le plaisir. Nous avons toujours fait les choses nous-mêmes afin de pouvoir les réaliser exactement comme nous le voulions, Ironiquement, c’est peut-être mon manque d’envie à appartenir à l’industrie musicale qui a fait de moi le dirigeant d’une maison de disques. »
Pour Sugarman, c’est autant la volonté de s’impliquer dans le business musical que la nécessité qui explique son implication dans la naissance de Daptone : « Quand Desco a pris fin, j’avais déjà enregistré le troisième album de Sugarman Three ainsi que le premier disque de Sharon Jones. Aucun label ne nous permettait d’avoir les mêmes conditions que Desco, donc nous avons décidé de monter notre propre label. »
Le son Daptone...
En cohérence avec le parcours de ses fondateurs, c’est avec des enregistrements orientés funk, signés Sharon Jones, Lee Fields et The Sugarman Three, que Daptone se fait tout d’abord remarquer. L’orientation musicale ne tarde pas à s’ouvrir à d’autres styles, qu’il s’agisse de la soul, de l’afro-beat ou du gospel, comme le dit Gabriel Roth : « Nous faisons juste des disques qui nous plaisent. Il n’y a vraiment pas de décision consciente de passer d’un son à l’autre. Au fil des années, nous nous sommes intéressés à différents types de disques. A l’avenir, nous adorions produire un bon disque de blues ! »
Lorsqu’on lui demande de définir le son issu de son studio, la House of Soul, qui lui a valu un Grammy Award pour le disque d’Amy Winehouse, c’est par une pirouette qu’il répond : « Chien fou, wouf ! », et il faut donc se tourner vers le cofondateur du label, Neal Sugarman pour obtenir une esquisse de réponse qui tient en trois idées : « Brut, plein de soul et honnête ». Pour Homer Steinwess, le son Daptone est « à l’ancienne, mais de façon rafraîchissante : à l’ancienne car il a ce son chaud analogique classique, mais de façon rafraîchissante car il s’agit d’un son que l’on n’entend plus. Il faut une bonne équipe de musiciens, de producteurs, d’auteurs-compositeurs et d’ingénieurs du son pour arriver à cela, et Daptone l’a ».
En tant qu’ingénieur du son et producteur, l’objectif de Roth, qui opère souvent sous son alias Bosco Mann, est simple : « Faire un disque qui soit réellement agréable à écouter. »
Loin du fétichisme parfois obsessionnel de la scène deep funk, et même s’il ne néglige pas l’utilisation d’équipement « vintage », il insiste sur l’absence de supériorité du matériel analogique historique par rapport aux techniques digitales contemporaines : « Ce sont les musiciens qui font la musique. Les gens attachent d’importance à l’équipement. » Comme le dit Binky Griptite, « le son Daptone est tout simplement naturel et sans fioritures. Avant que quelque chose sonne bien sur disque, il faut que ça sonne bien dans la pièce où on le joue ! Nous écoutons tous les classiques des années 50 et suivantes, alors nous voulons que nos disques sonnent bien comparés à eux ! ».
Concrètement, la méthode d’enregistrement de Roth varie selon les artistes : « C’est toujours différent. J’aime beaucoup tout enregistrer live, mais souvent nous nous occupons d’abord de la section rythmique, parfois avec les cuivres ou le chant dans une autre pièce, voire dans la même pièce. Les cordes et les éléments orchestraux sont en général enregistrés à part, ainsi que les chœurs. Le disque de Naomi Shelton, ainsi que l’ensemble de ceux du Budos Band, ont été enregistrés complètement live. »
La démarche d’enregistrement reste néanmoins distincte de la scène pour Roth : « Il y a beaucoup de choses qui marchent en concert mais pas en studio, et vice versa. Les tempos ont tendances être plus rapides, l’ensemble a en général plus d’énergie, plus dynamique et il y a plus de « trucs », comme des transitions et des choses du même genre, de la mise en scène. En studio, au contraire, on peut entrer dans une plus grande subtilité et avoir des arrangements plus complexes. »
Les tournées et concerts jouent néanmoins un rôle fondamental dans la vie du label : nombreux sont les amateurs européens dont le premier contact avec la musique du label s’est produit lors d’un show intense de Lee Fields avec les Sugarman Three ou de Sharon Jones & les Dap-Kings avant même que son premier album soit distribué ici. Comme le dit Neal Sugarman, « certains groupes ne tournent pas, mais, pour Sharon Jones et les Dap-Kings, la scène est très important : je crois que la première impression que fait le show de Sharon Jones laisse des traces ! » On peut d’ailleurs espérer voir paraître un jour un DVD consacrés aux artistes du label, le guitariste Binky Griptite y travaillant particulièrement…
Comme à la maison...
Si Gabriel Roth refuse d’entrer dans le débat avec ceux qui décrivent son travail comme une démarche rétro ou nostalgique (« Je fais juste des disques »), il ne cache pas son amour pour les disques vinyle, qu’il préfère largement au CD ou au téléchargement : « J’aime les pochettes des disques et l’idée d’une séquence avec deux faces. Les disques vinyles sentent bon. Oh, et aussi, ironiquement, ils sautent moins que les CD ! Je pense que le fait de pouvoir tenir un disque dans mes mains compte beaucoup. Et, comme on dit, impossible de rouler un joint sur un mp3 ! »
Daptone accorde d’ailleurs une grande importance à l’emballage de ses disques, souvent élaboré en partenariat avec le designer David Serre. « Certains groupes participent à la réalisation de leur couverture. Nous essayons de faire en sorte que les pochettes soient cohérentes avec la musique et le concept de chaque album », précise Roth.
Sugarman insiste sur ce qui différencie Daptone des autres labels : « Tout ce que Daptone publie est intégralement fait à la maison, depuis l’enregistrement qui est réalisé au premier étage de notre maison jusqu’à l’emballage des disques qui est fait au deuxième étage. Nous sommes dans la ligne de maisons de disques comme Stax, Motown, et je ne pense pas qu’un autre label ait cette approche aujourd’hui », ce que Gabriel Roth complète en précisant : « Nous ne portons pas de pantalons aussi souvent que les autres labels ! »
Au-delà des différences musicales, c’est une atmosphère particulière qui caractérise la vis de Daptone : « Il y a clairement une famille Daptone, dit Gabriel Roth, comme toutes les familles, nous avons des frères et des sœurs, mais aussi une famille plus étendue, avec des cousins et des cousins germains. Bien entendu, Sharon Jones et les Dap-Kings sont une famille, de même que Naomi Shelton, Cliff Driver et leur équipe, le Budos Band et son entourage, Charles Bradley (…), Lee Fields… Antibalas fait partie de la famille élargie. Il y a également les gens qui travaillent pour le label et le management : Nydia Davila, Mikey Post, Wane Gordon, David Serre, Cathy Bauer, Alex Kadvan, Marc Deneree et les femmes, copines et enfants de tout le monde… La liste est longue ! Mais nous sommes vraiment une famille unie, nous essayons de faire attention les uns aux autres et de bien nous traiter. »
Neal Sugarman voit les choses ainsi : « Étant donné que nous sommes à la base des musiciens, nous essayons d’être honnêtes avec les artistes et de leur proposer les meilleurs contrats possible afin que tout le monde soit décemment payé. » Homer Steinwess, batteur récurrent des productions maisons, De Sharon Jones à Lee Fields, en passant par Amy Winehouse, confirme : « Les gens du label écoutent leurs artistes et les les respectent d’une façon unique : je n’ai pas l’impression de travailler pour une maison de disques, mais de faire partie d’une famille musicale. » On croise d’ailleurs régulièrement les mêmes artistes, sur les productions de labels voisins, comme Truth & Soul, responsables du dernier album de Lee Fields, « Desco, Soul Fire, Daptone et aujourd’hui Truth & Soul, c’est la même famille... » Interrogé sur ce qu’il écoute actuellement, c’est Myron and E, un groupe publié par le label finlandais Timmion, à l’esprit proche de celui de Daptone, que nous oriente d’ailleurs Gabriel Roth.
Planète Daptone...
L’accès à la famille Daptone est largement ouvert, qu’il s’agisse de débutants ou d’artistes historiques : « Nous enregistrons les artistes qui nous plaisent, indépendamment de leur âge et de leur expérience. J’ai écrit quelques titres pour Barbara Lynn, mais elle ne les a pas aimés, et nous avons fini par les mettre sur le disque de Sharon Jones. J’aimerais quand même faire quelque chose avec elle. Nous avons enregistré Syl Johnson, Ricky Cailoway et Booby Matos, mais rien n’a été publié. »
La démarche est identique pour les quelques rééditions, qu’elles soient soul, funk ou afro-beat, publiées par le label : « Il faut qu’il s’agisse de quelque chose de particulièrement convaincant : pas juste un disque rare ou recherché, mais quelque chose qui mérite selon nous d’être entendu par plus de gens uniquement pour des raisons de qualité musicale. » Il faudra cependant un peu de patience pour voir arriver des rééditions des enregistrements parus sous l’étiquette Desco, indisponibles depuis la fin du label : « Peut-être dans quelques années. Il est encore trop tôt pour nous commencions à regarder en arrière : nous sommes à peine en train de nous échauffer ! »
Comme les grandes maisons de disques historiques de la soul, qu’il s’agisse d’Atlantic, de Stax ou de Motown, Daptone a réussi à créer autour du label une communauté de fans qui le suivent régulièrement et achètent spontanément ses publications, quel que soit l’artiste concerné. Lorsque le studio, situé dans le quartier de Bushwick, à Brooklyn, a été cambriolé en 2008, Gabriel Roth a pu mesurer cet attachement du public : « Le cambriolage n’a pas été si grave : ils ont pris quelques micros, quelques amplis, ma guitare, quelques autres trucs… Mais le plus remarquable a été le mouvement de soutien que cela a suscité : nous avons reçu des lettres, des mails, des appels téléphoniques de gens du monde entier qui voulaient nous aider. Certains personnes nous ont même prêté ou donné du matériel. En fin de compte, toute cette histoire nous a probablement rendus plus forts : on ne peut pas nous arrêter ! »
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le succès rencontré par des artistes extérieurs au label empruntant l’expertise de l’équipe Daptone n’a pas changé grand-chose à la vie quotidienne : « La différence entre nos artistes et ceux de l’extérieur est que nous payons nos artistes pour faire des disques, tandis que les artistes extérieurs nous payent pour faire des disques. Bien entendu, l’album d’Amy Winehouse nous a permis d’obtenir un petit peu plus de presse grand public. Cependant, je ne crois que beaucoup d’auditeurs aient fait le lien avec les Dap-Kings uniquement à partir de son disque. » C’est l’album de Sharon Jones « 100 Days, 100 Nights » qui est aujourd’hui le plus gros succès commercial de Daptone, avec de 150 000 exemplaires vendus dans le monde. Côté singles, c’est également Jones qui remporte le plus grand succès, trois de ses singles (I just dropped in to see what condition my condition is in, What if we all stopped paying taxes ? et la version remixée par Ticklah de How long do I have to wait for you ?) faisant partie des meilleurs ventes du label, aux côtés du plus inattendu Make the road by walking du Menahan Street Band.
Malgré la tentation, le label se concentre sur un nombre limité de sorties chaque années : « Nous préférons sortir quelques très bons disques plutôt qu’un nombre important de disques moyens, ce qui semble être le piège de beaucoup de labels aujourd’hui », dit Neal Sugarman. Homer Steinwess confirme : « Les gens de Daptone ne sortent pas de disques pour gagner de l’argent, ils publient de la musique à laquelle ils croient, donc ils ont toujours de bons produits ! »
Les amateurs de musique populaire afro-américaine ne peuvent que leur souhaiter de continuer très longtemps…
Entretiens réalisés par Frederic Adrian en février 2010, paru dans Soul Bag n°198
Jimmy King (guitare, 1947-1967) Ronnie Caldwell (claviers, 1948-1967) Phalon Jones (saxophone, 1949-1967) Carl Cunningham (batterie, 1949-1967) Ben Cauley (trompette, 1947) James Alexander (basse, 1950)
Le sextette initial est formé en 1966 sous le nom des Imperials, par des élèves du lycée Booker T.Washington de Memphis.
Ils obtiennent une audition chez Stax/Volt, au cours de laquelle est improvisé l'un des plus gros hit du groupe, Soul Finger (n°3 R&B, n°17 Pop en 1967).
Les Imperials doivent changer leur nom de groupe afin d'éviter un litige avec la formation de Little Anthony Gourdine. Ils s'appellent désormais les Bar-Kays.
Ils deviennent chez Stax/Volt les « suppléants » de l'équipe « maison » : les Mar-Keys.
A ce titre, ils sont amenés à accompagner Sam & Dave et beaucoup d'autres artistes Stax.
Lors du passage d'Otis Redding à Memphis, il découvre les Bar-Kays au club Hippodrome où ils ont un engagement régulier. Il leur propose de devenir son orchestre attitré.
Une chance qui tourne vite au drame puisque le 10 décembre 1967, l'avion d'Otis Redding s'écrase sur le lac Monono, près de Madison dans le Wisconsin.
Dans ce tragique accident, le monde de la musique perd à la fois Otis mais aussi Jimmy King, Ronnie Caldwell, Phalon Jones et Carl Cunningham des Bar-Kays.
Seuls Ben Cauley et James Alexander ont survécus. Le premier sauvé par le coussin de son siège et le second pour avoir était contraint à prendre un avion de ligne normal faute de place.
A la demande de Stax, Ben Cauley et James Alexander sont chargés de formés une nouvelle version des Bar-Kays pour créer une seconde section rythmique, afin de soulager celle de Booker T. & the MG's en studio.
La nouvelle formation reprend son rôle « d'équipe B » chez Stax, où ils continuent d'accompagner, entre autres, Rufus Thomas, Albert King, Johnnie Taylor, Carla Thomas, William Bell, the Emotions, the Staple Singers, Isaac Hayes...
Sur au moins 3 albums d'Isaac Hayes (Hot Buttered Soul, Black Moses et Shaft), les Bar-Kays vont insuffler une dynamique funky.
A côté de cela, le groupe continue à sortir ses propres disques, avec l'aide du producteur Allen Jones, le mentor du groupe jusqu'à sa disparition en 1987. mais sans parvenir à égaler le succès de leur premier Soul Finger.
L'arrivée de Larry Dodson, ancien chanteur des Temprees, en 1969, marque un tournant dans l'histoire d'un orchestre qui quitte la sphère intrumentale et obtient un premier hit vocal à la fin des années 1970 avec l'emblématique Son of the Shaft.
Les dirigeants de Stax ne font rien pour promouvoir leur orchestre phare et après l'échec commercial de leur ultime album Volt, baptisé Cold Blooted en l'honneur du boa que Lary Dodson porte autour du cou sur scène, et alors que la firme de Memphis ferme ses portes en 1975, le groupe signe chez Mercury et connaît encore quelques changements internes, avant de trouver enfin son équilibre.
La nouvelle formation, qui enregistrera leur premier album Too Hot To Stop chez leur nouvelle maison de disque en 1976 avec le titre Shake Your Rump To The Funk annonçant une longue série de best-sellers, 26 au total dont 9 dans le Top10 Black.
Entre 1967 et 1987 c'est l'âge d'or des Bar-Kays, ils deviennent l'un des groupes phares du courant Funk.
Le groupe traverse ensuite une période difficile, après la disparition de leur producteur et mentor, Allen Jones en 87. Ils referont surface petit à petit jusqu'à la sortie de l'album 48 Hours.
Avec leurs 18 albums, 40 singles, les Bar-Kays ont fortement influencé et guidé toute une génération de groupe funk.